𝓔𝔁𝓽𝓻𝓪𝓲𝓽 " 𝓐 ℱ𝓵𝒆𝓾𝓻 𝓭'𝓔𝓭𝒆𝓷"
Chapitre V — Alcôve du serment
À dix-huit ans, j’ai quitté le cocon de mes douceurs,
les bras de mon enfance, les alcôves claires de mon Éden.
Le monde s’ouvrait comme un livre neuf,
et j’y croyais lire la promesse du prince,
du grand amour, de l’éternelle tendresse.
Mon cœur battait fort,
guidé par le rêve ancien de toutes les jeunes filles :
être aimée, être choisie, être à jamais.
Le mariage fut ce seuil que je franchis avec foi,
vêtue de blancheur et d’espérance.
Mais sous le voile, le destin tissait déjà d’autres fils.
Nous avions chacun nos défauts, nos silences, nos
tempêtes.
Peut-être n’étions-nous que deux âmes égarées,
cherchant la lumière dans des miroirs fêlés.
Pourtant, moi, je rêvais d’aimer simplement,
d’être regardée comme on regarde un lever de soleil,
avec cette tendresse qui ne juge pas,
cette chaleur qui fait grandir au lieu de briser.
J’attendais l’amour comme on attend la pluie après la
sécheresse,
les bras ouverts, le cœur nu.
Mais la pluie ne venait pas.
À la place, des éclats, des absences, des mots lourds.
Je cherchais une main et je trouvais le vide.
Alors, j’ai levé les yeux vers le ciel,
vers ce Dieu que j’implorais en silence :
Qu’ai-je donc fait pour
mériter une telle sentence ?
Le silence m’a répondu —
non comme un refus, mais comme une épreuve.
En ce jour où les cœurs murmurent plus fort que les
cloches,
En cette lumière douce que tisse la Saint-Valentin,
Je n’ai pas seulement dit “oui” à une main,
Mais à l’infini.


Ô Cupidon,
alchimiste des soupirs et des serments murmurés,
toi qui, en ce 14 février 1989,
as scellé mon âme à une autre
d’un fil d’or et de brume,
avant de le rompre dans le silence des saisons.
Ton arc, poli par les siècles,
a vibré comme une harpe céleste.
Ta flèche — éclat d’aurore —
a fendu l’air,
et mon cœur s’est ouvert
comme une fleur nocturne sous la rosée.
Il battait, fragile papillon
de verre,
ivré d’espérance,
croyant au pour toujours
comme on croit à l’éternité des étoiles
sans savoir qu’elles meurent aussi.
J’espérais être aimée
avec la ferveur des marées,
avec la constance des astres,
de tout mon être tendu
vers une promesse de lumière.
Dis-moi, doux archer des âmes,
qu’ai-je fait pour mériter l’orage
après l’arc-en-ciel ?
Pourquoi la flèche qui unit
est-elle sœur de celle qui sépare ?
Tu m’as liée,
tu m’as déliée,
et je demeure là,
cœur battant sous la cendre,
gardienne d’un feu qui brûle encore
dans la nuit de mes souvenirs.
Suis-je condamnée à vivre
avec cette cicatrice d’or
gravée sous ma peau ?
Ou bien, quelque part,
ton arc repose encore,
et une autre flèche, plus douce,
attend de me rappeler
que même les cœurs fêlés
savent encore chanter ?
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Veronique B -Tous droits
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2019
J’ai signé le divorce comme on signe une délivrance,
mais aussi un deuil.
J’ai quitté la maison,
mes rêves, mes souvenirs, mes illusions.
Trente années de vie laissées derrière moi,
comme un livre refermé sur la douleur.


Après la tempête, il ne restait rien.
Juste moi, face à mes ruines,
face à cette femme que je ne reconnaissais plus.
Les jours étaient lourds, les nuits sans repos,
mais dans le silence, une force se réveillait,
timide, fragile, tenace.
J’ai compris que pour renaître,
il fallait d’abord accepter de tomber,
de se regarder sans fard,
de panser les cicatrices une à une.
Petit à petit,
j’ai réappris à respirer pour moi,
à marcher sans crainte,
à écouter la voix douce de mon âme oubliée.
J’ai découvert que la liberté
n’est pas un cri, mais un souffle —
celui de se choisir enfin.
Le miroir ne me faisait plus peur.
J’y voyais non pas une femme brisée,
mais une survivante,
une âme relevée du feu.
Moi, à genoux devant ma vie,
j’ai remercié Dieu,
non pour mes blessures,
mais pour la force d’en être sortie.
J’ai compris que le bonheur n’est pas un rêve,
mais une lente ascension vers la paix.
Oui, je renaissais.
Non pas la femme d’autrefois,
mais celle que j’aurais toujours dû être :
libre, debout, et enfin lumière.
je célèbre la femme que Dieu a éveillée.
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Veronique B -Tous droits
réservés
Les pages de certains chapitres de ma vie se sont
refermées en silence,
comme des livres anciens que l’on embrasse avant de les ranger.
Le dernier aussi s’est clos, sans fracas,
dans la dignité tranquille des histoires qui ont tout dit.
Que certains publient, qu’ils
lisent entre les lignes s’ils le veulent
chacun possède sa parole, son ciel, son droit d’expression.
Et moi, je marche nue d’entraves dans mon horizon,
car ma voix m’appartient, et mon âme est libre.
J’ai déposé l’encre et le
tumulte,
car parfois, le plus beau mot qu’on puisse écrire
est simplement : fin.